Publié dans Côté mère

Le temps de la grossesse

Attention, j’annonce LA vérité, une véritable lapalissade, un peu dans le même genre que  » l’eau ça mouille  » et  » le feu ça brûle « 


(tu ne peux pas me reprocher cette vidéo, j’avais 10 ans. Pardonne à mon enfance !)

T’es prêt·e?
Attention voici voilà….. Roulement de tambours…

LA GROSSESSE CHANGE LA VIE.

Tu l’avais pas vu venir celle-là hein ? Et en quoi ça change la vie ? C’est ce que je m’en vais t’expliquer de ce pas.

Déjà, lorsque tu apprends ta grossesse, tu te mets à compter en semaine d’aménorrhée ou en semaine de grossesse. Cela demande parfois une gymnastique mathématique que je n’ai toujours pas intégré au bout de 9 mois. Mais c’est un autre débat.

La grossesse c’est surtout un bouleversement hormonal, familial, conjugal et accessoirement (mais finalement pas tant que cela) sociétal.

Tu dois déjà intégrer que tu vas changer de statut, passer de femme à mère (enfin faire coexister les deux), pareil pour ton ou ta conjoint·e.

Tu dois ensuite intégrer que pendant la grossesse, voire plus si allaitement il y a, tu ne pourras pas boire ce que tu veux.
Ni manger ce que tu veux d’ailleurs (alléluia avec l’allaitement tu peux reprendre une alimentation normale).
Adieu steak saignant, steak tartare, mayo et mousse au chocolat maison (aux oeufs crus !), adieu sushis délicieux au poisson cru, adieu fromages au lait cru s’il est pas cuit, pendant 9 longs mois.

Moi quand on me parlait alcool et nourriture. 

De quelle façon s’est déroulée ma grossesse ?
En 3 temps. 1er trimestre, 2ème trimestre. 3ème trimestre. (je t’avais parlé de mon humour à la con ? Parfait exemple ici)
Le tout traversé par la fin de mon stage de dernière année (1er trimestre), la fin de la formation et le passage de la certification (2ème trimestre) et un arrêt maladie (dernier trimestre).

PREMIER TRIMESTRE, PREMIER CHAPITRE du CHANGEMENT DE TA VIE.
J’apprends que je suis enceinte. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille ? Je n’appréciais plus mes bières de mon calendrier de l’avent de bières. Et ça, c’était pas normal.
Ce que ça change d’apprendre cela à quelques jours de Noël ? Il faut apprendre la nouvelle rapidement à tes proches. De toute façon, tu sais que sinon tu te fais griller dès l’apéro.

Imagine : « Angeline, tu prends quoi pour l’apéro ? Pétillant ? Soupe de champagne ? Martini ? »
« Heu…Un jus d’orange ? »

consternation smh GIF
*Tsss tsss tsss… Depuis quand tu prends un jus d’orange ?*

J’ai à peine eu le temps de me faire à l’idée que j’étais enceinte, que je devais le dire. Finalement, je n’ai pas non plus attendu les 3 mois pour annoncer la nouvelle. Parce que de le dire ça m’a permis de le réaliser (un peu) et parce que j’ai toujours trouvé assez con de ne pas le dire sous prétexte qu’il y a un risque de fausse couche.

Je comprends les femmes qui préfèrent garder la nouvelle pour elles, par rapport au risque. Mais personnellement, s’il devait y avoir eu fausse couche, je préférais être entourée de mes proches, ami·e·s et famille, plutôt que de traverser cette épreuve seulement avec mon compagnon.
Je reviendrais peut-être sur cela dans un autre article (si tu veux lire ce que j’ai à dire sur le sujet de la fausse couche et de la culpabilité, tape 1.)

Cela dit, pendant un mois cette nouvelle m’a tellement percutée que j’ai failli décrocher un peu de mon stage. Physiquement j’étais là, pas de problème. C’est psychiquement ou j’étais un peu absente.
Le temps de digérer la nouvelle et de réaliser surtout que j’avais quand même mon stage à terminer, un diplôme à préparer (accessoirement un mémoire à rédiger) et qu’il allait quand même falloir que je fasse chaque chose en son temps si je ne voulais pas tout planter. Dans la dernière ligne droit, ça aurait été dommage.

J’ai donc réussi à raccrocher le wagon du stage, soutenue par ma référente professionnelle qui a su me mettre le coup de pied au cul nécessaire pour repartir au bon moment.

Et mon stage (dont je te parlerai par ailleurs) s’est donc fini en même temps, quasiment jour pour jour, que mon 1er trimestre.
J’étais épuisée, mais pas tellement par la grossesse je crois que par le rythme intense et émotionnel de cette dernière ligne droite. Un an de stage, ça te bouleverse quand même dans le tréfonds du dedans de toi-même, personnellement et professionnellement.

SECOND TRIMESTRE, SECOND CHAPITRE du CHANGEMENT DE TA VIE.
Mon ventre commence à s’arrondir. J’ai une semaine pour rédiger mon mémoire (and i did it !), les deux premières épreuves de la certif ont lieu en mars. les 3 autres dossiers de certifs sont officiellement rendus en avril.

Bref, un trimestre centré sur le diplôme.
En soi, je n’étais pas stressée (à part pour les oraux, une horreur, je ne me suis pas reconnue !), parce qu’une partie de moi était ailleurs.
Que j’ai ou non le diplôme, avant toute chose, j’allais mettre au monde un bébé. Ça fait relativiser et du coup tu mets pas la pression au même endroit (pression que, de toute façon, tu ne peux toujours pas boire. Oui, tu la sens ma frustration ?)

Mon orgueil (ouais d’abord j’assume) en aurait pris un coup si je n’avais pas eu le diplôme. Mais au final, inévitablement, avec l’arrivée de ce bébé, c’est pas le boulot qui allait primer. Alors autant essayer de ne pas se prendre la tête et de positiver.

(je t’ai mis du Charlie et Lulu en tête d’article, je ne te ferai pas l’affront de te mettre du Lorie « Positive Attitude »….Mais maintenant, tu l’as quand même en tête ! me remercie pas, c’est que du cadeau)

Et puis est arrivé…
LE DERNIER TRIMESTRE. LE TROISIÈME CHAPITRE du CHANGEMENT DE TA VIE.
Et le fait d’être en arrêt maladie m’a obligée à prendre le temps de savourer ce moment et de profiter de ma grossesse.

Libérée de la formation, du diplôme, du travail puisqu’aucune institution n’embauche une femme enceinte de 6 mois et demi en éducation spécialisée pour des remplacements quand il y a de la main d’oeuvre jeune et pas enceinte dans le coin (je fais de l’ironie mais je comprends).

Bref, libérée de toute cette partie-là, j’ai pu me centrer vraiment sur le bébé…Et sur moi. Sur mon conjoint. Sur notre vie future.

Et c’est là que j’ai compris toutes les amies qui me disaient « profite ».
Profite de ce temps pour toi. Pour faire le point sur ta vie. Sur le sens que tu veux lui donner. Profite pour faire du tri, pour virer tes vieux schémas de fonctionnement.
Profite pour balayer ce qui est nuisible et nocif dans tes comportements ou dans ton entourage. Débarrasse toi de ce qui n’a pas sa place.

C’est ce que j’ai fait.

C’est aussi à cette période-là qu’ont commencé les différentes prépa à l’accouchement (haptonomie, hypnose et prépa avec la sage-femme. Pour tout cela, il y aura un article, parce que ça vaut le coup d’expliquer ce que c’est et comment cela se passe).
Et cela m’a aussi aidé à me positionner sur ce que je voulais pour l’accouchement, pour être actrice et ne pas me laisser porter par le corps médical. Surtout vu la confiance que je lui porte…

Finalement, ma grossesse tombant en pleine fin de formation d’éduc aura été un prolongement différent de la transformation professionnelle et personnelle qu’a amenée la formation.

Le temps de la grossesse, c’est donc un bouleversement hormonal, familial, conjugal et accessoirement (mais finalement pas tant que cela) sociétal.

Hormonal parce que ton corps aide à faire pousser un bébé et c’est quand même pas rien. J’ai beau ne pas croire en Dieu (enfin en tout cas dans un Dieu des religions), c’est quand même un sacré miracle de la nature.
Familial et conjugal parce que toutes les places sont bousculées. Tu ne vas plus former qu’un couple d’amoureux·se, tu vas devenir une famille. Et ce passage de couple à famille bouscule aussi le reste de ta famille. Tes parents deviennent grands-parents, tes frères et sœurs vont devenir oncles et tantes. Un bébé bouleverse tout sur son passage.

Y compris la société.

Et dans ce cas, il y a deux types de personnes. Personnes dont, rappelons-le, tu ne connais rien puisque ce sont des inconnu·e·s.
Il y a les personnes qui vont « prendre soin de toi », te laisser passer dans la file d’attente et insister (parfois lourdement) si tu refuses (alors que tu te sens encore parfaitement capable de tenir le coup, sinon oui tu la prendrais la place bon sang, je sais encore comment je me sens !).
Qui te demandent si tu attends un garçon ou une fille, pour quand c’est prévu, si vous avez le prénom (et sinon tu veux mon numéro de sécurité sociale aussi, comment ça se passe ?)
Qui se permettent de te demander si vraiment tu es sûre de vouloir assister au concert de Lenny Kravitz en regardant ton ventre avec insistance (c’est bon, je suis enceinte de 7 mois et demi, d’accord, mais je suis sur une place assise, c’est pas comme si j’étais en plein milieu de la fosse !)
Qui te laisse la place pour aller aux toilettes en priorité (et là par contre, la place, tu la prends. Avec la vessie, tout est permis ! #TeamPipi)

Ton intérieur est un Picasso quand tu es enceinte. Et ta vessie est minuscule…(http://www.papacube.com/2015/09/Vessie-femme-enceinte-grossesse.html)

Et puis il y a les personnes qui font semblant de ne pas te voir, qui pousse ton chariot alors que tu y es accrochée pour descendre récupérer la bouteille de vinaigre qui est en bas du rayon.
Qui s’impatientent parce que tu mets 3 plombes à traverser le passage piéton (déso mais pas déso, faut se les trimbaler les kg en trop et la marche en canard si seyante chez les femmes enceintes).
Qui te cognent dans le ventre et ne s’excusent pas. Non mais ça va, t’es pas en sucre.

Bref, la grossesse change ta vie et te prépare à un autre bouleversement définitif : l’arrivée de bébé.

Enfin s’il a envie de sortir un jour…!

 

 

4 commentaires sur « Le temps de la grossesse »

  1. J’étais en train de me demander si tu dansais pas la salsa histoire de faire comprendre au petit qu’il est a l’étroit et qu’il est temps de sortir 😇 l’annonce de la grossesse a été un choc visiblement, après ça dépend dj contexte aussi, si c’était prévu ou si c’est une surprise pour tout le monde 🤸 en tout cas tu as l’air d’avoir surfé sur les mois de grossesse comme un pro sur sa vague! Chapeau l’artiste ! 🤹

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  2. Ahah, je reconnais bien là ta patte… Ravie de pouvoir lire ton premier vrai article complet, qui annonce un contenu très intéressant sur ce blog ! Rompre les tabous autour de la grossesse et de la parentalité, voilà quelque chose qui me plaît 😉

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